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I - APPROCHE
Le propos de cet ouvrage est avant tout de présenter la médecine prophétique en Islam, une culture islamique et un "art de vivre", enseignés par le Prophète Muhammad Saws au sein d'un projet de société, afin de rétablir la communauté saine, juste et créatrice voulue par Dieu sur Terre.
Il ne s'agira donc pas d'aborder le difficile problème de l'histoire de la médecine en général ni celui de la médecine islamique en particulier...
Le sièclequi précéda l'établissement de l'Islam fut, une des périodes les plus remarquables de l'histoire des arabes. Il marque leur entrée en scène dans l'ordre des travaux de l'esprit même si leur présence est incontestatble dans toute l'histoire ancienne du Proche Orient. Le sixième siècle marque l'éveil de l'activité intellectuelle chez les Arabes, une activité qui se fît jour d'abord par la poésie. Des concours étaient organisés, et les oeuvres couronnées étaient inscrites en lettre d'or et suspendues aux portes de la Ka'ba.
C'est au mlieu de ces temps d'aventures et de poésies, que naquirent les maîtres fondateurs de la médecine arabe et par la suite de la médecine toute entière.
Hârith bin Kalada est le premier parmi les arabes qui ait mérité le nom de médecin, le premier qui ait joint à la pratique de la médecine les doctrines qui la dominent. Il naquit à Tâ'if vers le miieu du VIème siècle (à l'époque antéislamique). Il se rendit en Perse, où il étudia la médecine, particulièrement à l'école de Djundisâbûr ; il y resta quelques temps, et la pratique de son métier lui valut de grandes richesses et l'admission à la cour royale. La base de l'hygiène selon Hârith est la modération dans la façon de manger. "Ce qu'il y a de plus grave, dit-il, c'est d'introduire des aliments sur des aliments, c'est-à-dire de manger quand est rassasié. Il proscrit l'usage des bains après le repas, recommande de se couvrir la nuit, de boire de l'eau de préférence et de n'user jamais du vin pur. Les viandes salées et séchées, celles des jeunes animaux lui paraissent de mauvais aliment. Les fruits doivent être consommés au commencement de leur saision et à leur propre époque. Quant à l'usage des médicaments, telle est sa réponse à Chosroës : "tant que dure ta santé laisse-les de côté, mais si une maladie survient, coupes-la par tous les moyens convenables avant qu'elle ne prenne racine..."
Hârith revient dans son pays où il pratiqua la médecine au milieu de son peuple. Il connaissait les habitudes des arabes et les médicaments qui leur conviennent - nous rapportent les historiens.
Après Hârith, son fils Ennadhr fût aussi un grand médecin, Ibn Abî Ramîtha, de la tribu de Tamîm pratiqua la chirurgie, ainsi que des centaines d'autres partout en Arabie.
Les débuts de la médecine furent sans doute chez les arabes le fondement d'un savoir noble et d'un "art de vivre" précieux avant qu'elle se fût constituée à l'état de sciences avec les musulmans.
Les arabes sont les premiers à rompre avec la magie et les pratiques des prêtres, pratiques qui barraient la route au développement de la médecine.
Avec l'avènement de l'Islam, les arabes sont devenus les maîtres du corps et les maîtres des chiffres... Le Prophète de l'Islam, Muhammad saws, avait donné à la médecine ses véritables lettres de noblesse car il était le Prophète médecin avec toute la rigueur et la rationalité du terme.
L'action du Prophète Muhammad saws, ne s'est pas limitée à la révélation coranique. Le Prophète saws a travaillé l'espace social en même temps que l'espace religieux, afin de construire un projet de société irréversible dans l'espace et dans le temps. La médecine fut au coeur de ce projet, un moyen efficace et une nécessité absolue.
La médecine prophétique, dans notre ouvrage, fait référence à la médecine et aux pratiques médicales élaborées au temps du Prophète Muhammad saws. Elle est fondée sur des enseignements à partir du Saint Coran et de la Sunna. Elle couvre divers aspects de la santé et de la maladie dans la vie humaine : la création et le développement de l'homme, l'enseignement et l'instruction en matière de médecine sociale et préventive, la médecine clinique et la psychiatrie.
En effet, le Prophète saws de l'Islam avait beaucoup d'estime pour les médecins et il conseillait à ses proches de les consulter, il encourageait les apprentis et il enseignait lui même la médecine aux musulmans, par un trés grand nombre des propos relatifs aux pratiques médicales.
Aux époques grecques et romaines, le traitement des patients se déroulait au temple et était administré par les prêtres. Les superstitions, telles que l'explusion des démons hors du corps et la croyance en l'astrologie dominaient toute réflexion rationnelle. A Rome les malades étaients gardés la nuit dans les temples afin qu'ils y rêvent et y soient soignés.
L'Europe chrétienne suivit le même chemin. Pour l'Eglise, le fait de soigner un malade ou de chercher un conseil médical était contraire à la volonté de Dieu. Ce concept prévalut jusqu'au seizième siècle, alors que depuis le VIIème siècle l'Islam introduisit un concept nouveau concernant la maladie et la santé. L'Islam, en tant que mode de vie complet, a pris en compte tous les domaines importants de la vie humaine, y compris la santé. De plus il a interdit la sorcellerie et l'astrologie, ouvrant le chemin au règle d'une science médicale rationnelle où le spirituel conservait toute sa puissance.
La santé, dans une perspective islamique, a un aspect divin. La santé est un DEPOT (Amanah) que tout musulman doit utiliser pour son propre épanouissement, celui de sa religion et de sa communauté.
La maladie est une déviation de la norme, elle est rupture de l'équilibre mais est curable. On doit pour cela chercher un remède même s'il n'est pas disponible. La recherche en matière de médecine est ainsi mise en orbite dans sa vraie trajectoire humaine.
Le Prophète Saws nous disait il y a quatorze siècles : "Dieu n'a pas envoyé de maladie sans fournir de remède, un remède à la portée de l'homme, connu ou inconnu".
Quel bel encouragement et quelle grande rationalité de la part du Prophète saws de l'humanité qui fut le maître fondateur du développement réel vécu par l'homme.
Bien que la médecine islamique ait intégré le savoir médical de différentes cultures et l'ait préservé, elle fût la médecine mère de toutes les branches du savoir médical. Les spécialistes musulmans sont les maîtres des découvertes et les fondateurs des différentes branches.
La médecine, comme disait Ibn Sîna (Avicenne) dans son canon : "est restée fidèle à l'esprit unificateur de l'Islam, elle s'intéresse à la santé et à la maladie du corps humain et se propose de préserver ou de restaurer la santé par des moyens appropriés."
En effet la médecine musulmane a hérité de la contribution prophétique et a suivi la bonne voie de recherche tracée par le plus grand et e premier médecin le Prophète Muhammad Saws afin de fonder toutes les branches du savoir islamique en médecine : l'anamie avec 'Abd al-Latif al-Baghdâdi, la physiologie avec Ibn-al-Nafis (1210-1288), la médecine clinique avec al-Râzî (865-925), la psychologie avec Avicenne, la chirurgie avec al-Zahrâwî dont le nom a été latinisé pour devenir albucasis (1030-1106), la pharmacologie et la thérapie avec Jâbir bin Hayyân m. en 804) le fondateur de l'alchimie, la médecine préventive avec Ibn Khatima (m. en 1369) et enfin le fondateur des hôpitaux avec les soins et les médicaments qui furent gratuits. Des dispensaires et infirmeries existaient dans toutes les villes islamiques, au XIIème siècle la seule ville de Baghdâd comptait plus de soixante hôpitaux connus...
Auguste Compte parlait d'un Islam "réalisant un maximum d'altruisme avec un minimum de métaphysique", et l'altruisme en médecine islamique fût fondé par le Prophète Muhammad saws avec ses paroles qui sont des perles éternelles et sa médecine prophétique dépasse le savoir de l'homme d'ici-bas.


